L’Université de Sherbrooke a obtenu 565 800 $ de l’organisme national Éducation Coopérative et Apprentissage en Milieu de Travail (ECAMT) afin de soutenir jusqu’à 637 étudiantes et étudiants œuvrant dans cinq projets porteurs qui favorisent l’apprentissage en milieu de travail. De ce montant, l’Accélérateur entrepreneurial Desjardins (AED) a obtenu 150 000$ pour octroyer des bourses aux personnes étudiantes ayant suivi l’une de nos trajectoires d’accompagnement à l’été 2021. Serge Mutoto, étudiant à la maîtrise en études politiques appliquées, cheminement en environnement, est le porteur d’un projet visant à améliorer la production agricole au Congo grâce à l’hydroponie.

Un paradoxe alimentaire au cœur de la problématique

Serge est arrivé au Canada il y a deux ans et demi, après avoir étudié en droit économique et social au Congo, son pays d’origine.  En arrivant au Canada, Serge a été frappé par le fonctionnement de l’industrie agroalimentaire : « Il neige presque la moitié de l’année ici, mais paradoxalement, le Canada arrive à exporter de la nourriture dans mon pays du sud, où il fait beau toute l’année ». Il signale d’ailleurs que le Congo a beaucoup de potentiel, mais que les gens vivent souvent dans la pauvreté, particulièrement dans l’insécurité alimentaire. Les terres agricoles se font rares, d’autant plus que certaines régions connaissent une grande croissance démographique. « Il y a un problème, affirme-t-il. Au Canada, même avec un hectare, on peut produire beaucoup, mais ce n’est pas le cas au Congo ».

L’hydroponie : une solution prometteuse

Serge a alors vu une opportunité intéressante dans l’hydroponie, c’est-à-dire la culture au sol. Il s’agit d’une méthode qui requiert très peu d’espace et qui fournit une très grande production. Du point de vue commercial, la culture sous serres permet d’être à l’abri des intempéries : « On peut produire n’importe quand, et on peut faire de la culture de la contre-saison, ce qui permet d’augmenter la rentabilité lorsqu’il y a pénurie de certains produits », renchérit Serge. Pour l’étudiant, cette solution pourrait permettre de régler le problème de la rareté des terres agricoles.

En développant un prototype qui mesurera la viabilité et la rentabilité de l’hydroponie au Congo, Serge espère déployer le projet dans son pays d’origine et ainsi améliorer la qualité de vie de ses habitants. Par la suite, Serge compte examiner la faisabilité d’un déploiement à plus grande échelle et bâtir une équipe multidisciplinaire.

Une expérience de coaching formatrice

À travers l’accompagnement des coachs de l’AED, Serge a pu définir et structurer son projet. Parmi les constats qui ont émergés chez l’étudiant cet été : la sélection de matériaux locaux et naturels tels que le bois pour bâtir ses installations ainsi que la sollicitation d’expert.e.s pour comprendre les tenants et aboutissants du projet. « Quand je sortais des séances de coaching, la pression diminuait de mes épaules », explique l’étudiant.  

Le prototypage du projet de Serge exige des dépenses importantes. La bourse d’ECAMT Canada représente donc une aide précieuse pour l’entrepreneur étudiant : « Certaines installations, comme les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, sont très coûteuses. Le soutien financier permet donc d’accélérer l’acquisition de ces dernières. »


Ce projet est financé en partie par le gouvernement du Canada dans le cadre du programme d’innovation de l’apprentissage intégré au travail et du carrefour de l’innovation iHub d’ECAMT Canada. Pour en savoir davantage sur ECAMT Canada et le Carrefour de l’innovation iHub, nous vous invitons à consulter leur site !